CHANTIER 2016 : du 01 au 13 août.


20e RAPPORT de CHANTIER ANNUEL DE BENEVOLES


Du 02 au 15 août 2016, pas moins de 45 bénévoles ont pris part au 20ème chantier archéologique et de restauration, organisé par notre association sur le site du château médiéval de Montquintin.
Mais auparavant, le concert VARIETY JAZZ devait marquer ce 20ème anniversaire en prenant place au sein des ruines illuminées pour émerveiller le public. Le succès était au rendez-vous, tant par l’atmosphère que grâce à la météo favorable, avec une excellente couverture médiatique de TV LUX.

Voyez les 5 épisodes du reportage TV LUX retraçant nos 20 années de chantier ICI et le reportage du concert ICI (photos et vidéo)


Le Variety Jazz en concert
L’organisation de cette manifestation constituait un test pour l’association : il s’agissait bien sûr de vérifier nos capacités d’organisation. Celles-ci ont bénéficié de multiples coups de main et de services gratuits, qu’il convient de saluer avec reconnaissance, permettant de réduire ainsi les risques financiers. Mais surtout, l’acoustique du lieu et les premiers équipements du « Théâtre de pierres » – un espace de spectacle aménagé dans la partie centrale du château – devaient aussi être évalués. Le professionnalisme des 20 musiciens présents et la qualité du concert et du décor ont remporté tous les suffrages du public, et convaincu les responsables que Montquintin pouvait parfaitement trouver sa place parmi les événements de l’été.

Le bénéfice dégagé par le concert du groupe VARIETY JAZZ et le soutien de la Province de Luxembourg ont contribué partiellement à ce 20ème chantier; l’ASBL qui ne bénéficie pas d’autre moyens a dû financer le reste via un emprunt, et grâce à quelques contributions de particuliers. Ce manque de moyens n’a donc pas permis d’accomplir les objectifs ambitieux fixés pour cette campagne. Ainsi, faute d’engin de terrassement, les fouilles archéologiques ont du se limiter à l’intérieur du château, en laissant de côté les sondages extérieurs prévus depuis deux ans, qui auraient pour but de déterminer le tracé des remparts extérieurs. De même, de nombreuses mesures de consolidation de maçonneries n’ont pu être menées à bien. D’autres firmes, B.R.G. S.A, de Latour (M. Daniel Thiry) et GTR TOITURE de Ethe (M. Alex NICOLAS) ont par contre offert généreusement leurs services.
Plusieurs objectifs préalablement définis ont cependant pu être atteints Et, pour la première fois en 800 ans, le château de Montquintin est…raccordé à l’électricité ! L’emprunt contracté a notamment servi à doter les lieux d’un raccordement permanent adéquat qui facilitera l’usage et l’entretien du site.
Rappelons que désormais, les interventions sont localisées et relevées d’après un plan du château numéroté par secteurs, ce qui facilite leur description ainsi que l’enregistrement des données.

Cliquez ici pour consulter les plans de repérage du château.



Les fouilles archéologiques.

En secteur L.7, sous les fondations du plan tardif, le tracé (en blanc) de l’angle de l’ancien logis-maître. La flèche indique l’emplacement de la porte
Dans le corps de logis, la poursuite des sondages s’est concentrée dans les espaces dédiés autrefois au hall central (secteur L.7.) et à la cuisine (L.3.). De nombreux éléments ont pu ainsi préciser l’évolution chronologique du monument : notamment, la configuration du périmètre de l’ancien logis médiéval aujourd’hui détruit, mais qui occupait jadis la moitié droite du corps central actuel. Les indices de ce logis-maître (fenêtres rebouchées) sont encore visibles sur la courtine Ouest, mais les fouilles en ont révélé une partie des substructions, ainsi semble-t-il, que la porte d’entrée.

Substructions de murs et pavements dans le secteur L.3.


D’autres éléments plus mineurs (niveaux de sols en pierres, substructions diverses) ont été relevés dans l’ancienne cuisine et contre la tour Ouest, mais leur interprétation devra encore être approfondie par des fouilles ultérieures.
Pour la période du 17ème siècle, du côté Nord du corps central, le périmètre ancien de l’aile droite (construite à cette époque) a pu être circonscrit. Cette aile se prolongeait à l’origine jusque dans le corps central actuel. A l’angle Ouest, la trace d’une porte de communication entre cette aile et le logis a été mise au jour confirmant l’idée que, lorsque le château fut transformé au 17ème siècle en un bâtiment à trois corps disposés en U, la façade du corps central était bien en recul par rapport à celle qui subsiste aujourd’hui. On peut donc confirmer que la façade actuelle est plus tardive, probablement de la fin du 18ème siècle.


Sur le flanc du bastion Est : l’entrée des casemates ouverte par Léopold et Benjamin
Dans le bastion courbe, à l’Est du rempart extérieur (terme technique : le «« bolwerk » ou boulevard), des sondages ont également été entrepris sur la paroi Nord, là où les traces d’une ouverture rebouchée donnant sur les rampes actuelles de descente (qui ont pris la place d’un large fossé) ont attiré l’attention. Les recherches, complétées par un sondage en surface ont permis de dévoiler l’amorce d’un accès avec couloir déporté vers des casemates à l’intérieur du bastion.
Elles ont malheureusement été détruites lors d’une reconstruction ancienne, faisant suite à l’effondrement de la paroi. Sous réserve de poursuivre les sondages dans cette zone, on peut déjà affirmer qu’une voûte, dont l’amorce est conservée, couvrait les dites casemates. Un sondage à la surface du bastion l’a en effet confirmé.

Tous ces vestiges été abrités pour l’hiver.

Restaurations.
Après le nettoyage traditionnel des ruines, le tri des déblais et des matériaux, la restauration du monument a pu se poursuivre et de nombreuses mesures de consolidation et de reconstruction ont été prises dans la lignée des années précédentes.
Dans l’aile gauche,

Reconstitution du socle du four N° 2, par les soins de Colin et Boris
Le passage vers le noyau résiduel de la tour Sud (local G.1.) a été rejointoyé et sécurisé. Dans le fournil, (local G2), le mur de soutènement du four à pain N° 2 en brique (détruit) a été reconstitué à l’identique.
Le four N°1 en pierre, intégré dans la courtine, est stabilisé. Ces mesures ouvrent ainsi la voie à la reconstitution du four N°2 puis à la reconstruction de la voûte de ce local.

Dans le corps central (corps de logis),
A l’angle Sud, la paroi courbe de la cage d’escalier (local L.1.) nécessite une restauration.
L’angle qu’elle forme avec la courtine Sud a donc été démonté, et la reconstitution d’un chaînage correct a commencé. Les pierres ont été triées et mises en place provisoirement.

Les montants du porche de grange et la fenêtre «gerberesse»
En L.8 (sans doute l’ancien salon avec feu-ouvert), le tri des piédroits stockés là depuis plusieurs années a permis de reconstituer 3 montants incomplets des fenêtres de façade, qui seront ultérieurement remis en place.
Plusieurs têtes de murs, à l’endroit de passages de portes intérieures, ont également été reconstruits ou consolidés.
Dans l’aile droite, les interventions se sont concentrées sur deux zones : d’une part la reconstruction du porche de grange en façade à cour. Les deux montants sont terminés, et n’attendent plus que la réalisation du cintre supérieur, avant d’achever la restauration de la façade.
Certaines parties des parements contigus ont dû être démontées, du fait de leur instabilité. A mi-hauteur, une fenêtre « gerberesse » (servant autrefois à rentrer les gerbes des récoltes dans la grange) a subi le même sort.
Entièrement démontée et nettoyée et réparée, sa remise en place à l’identique fut toutefois l’occasion de remonter le seuil de cette baie de quelques 20 cm, afin de le faire correspondre au futur niveau du plateau de l’étage à reconstruire. Lors de cette opération sont apparues des parties en brique, ce qui a permis de situer la création de cette ouverture à une époque assez tardive, sans doute lors de la transformation de cette aile en ferme, en 1899.

Mathilde et Sarah mettent au jour le trottoir de l’aile droite
Tout le long de la façade, un trottoir pavé a été dégagé et nettoyé, avant d’être protégé par un liner, puis refermé afin d’en préserver la surface.
A l’intérieur, contre la tour Est, la restauration de la courtine Nord (face intérieure) entamée en 2015, s’est poursuivie jusqu’à hauteur du chemin de ronde sécurisant ainsi toute cette zone.

Philippe restaure la courtine Nord
La tour Nord se voit dotée progressivement d’une nouvelle élévation. En effet, les parements intérieurs et extérieurs doivent être remontés sur une hauteur d’1 M, afin de distinguer plus nettement ce volume. Ultérieurement, une terrasse en bois abritera la zone de fouille à implanter à l’intérieur. Commencé en 2014, le maçonnage de plusieurs de ces parements a pu continuer avec des progrès sensibles, notamment sur les faces Nord et Ouest de la tour.



Hors du périmètre castral.

Sylvie et Hémeline ont dégagé le tracé du mur de séparation, entre la ferme et le château. Il date de 1826
La zone d’entrée du site et la limite château/ferme ont également fait l’objet de diverses mesures. Après un dégagement complet de l’extrémité du mur de séparation, afin de vérifier son alignement, un nouveau socle a été réalisé pour supporter les quelques éléments des piliers du portail déjà mis en réserve.
Un important et pénible travail de terrassement a encore été effectué manuellement à l’angle opposé de ce mur (côté église), ainsi que la coupe et l’élagage de plusieurs arbustes, destinés à stabiliser ce mur.
Enfin, la base du mur de clôture Sud (côté route de Dampicourt) a été entièrement déblayé et nettoyé, et les pierres triées et mises en réserve, dans l’attente d’une restauration. Cette mesure permet un entretien plus commode des zones en herbe.

La voûte du lavoir sous cave s’achève, sous les auspices de Bernard
Au pied des remparts septentrionaux, les volontaires ont en outre profité de la poursuite de la voûte du lavoir sous cave, pour déblayer, débroussailler et niveler toute la surface de la terrasse basse septentrionale, ainsi que les vestiges du bastion Nord, afin d’en faciliter l’entretien. Une réflexion fructueuse s’est instaurée sur la restauration adéquate du grand rempart Après plusieurs années de travail, la voûte en pierre ovoïde du lavoir sous cave est enfin reconstituée et maçonnée. Elle n’attend plus que sa couverture de protection en béton, avant d’être recouverte de terre et intégrée dans la terrasse.
(Voir aussi : Un aperçu des techniques de restauration : Le lavoir)




Claudine, Béatrice et consorts ont mis en valeur le bassin circulaire, à deux bacs, endommagé par des chevaux
A l’extrémité Est de la terrasse, des mains féminines délicates se sont attelées au dégagement et au nettoyage complet d’un autre petit lavoir de forme circulaire qui méritera d’être lui aussi restauré.

Le travail des bénévoles ne s’est pourtant pas limité à la forteresse.
Sur la voie publique ; ils sont également intervenus pour dégager les déblais du mur de clôture effondré (côté église, place de Hontheim), coupant et élaguant aussi plusieurs arbres dangereux. Une partie en a également été stabilisée et des panneaux d’avertissement placés.

Le mur de clôture ne fait malheureusement pas partie du programme de restauration prévu par la Commune de Rouvroy
Il est à noter que la commune de Rouvroy a engagé un chantier général de restauration des murs de Montquintin et de la dite-place, mais en a exclu ces murs de clôture du château, qui sont pourtant sa propriété. Il faut le regretter d’autant qu’ils offriront sur le château un regard misérable depuis la place rénovée. Au demeurant, étant classés avec le monument, une telle démarche aurait pu donner lieu à une subvention de 60 à 80%.
Dans le cimetière de Montquintin, ils ont procédé au nettoyage avec un produit spécifique, de la tombe des époux FOUSS–GARNIER (Edmond Fouss, fondateur du Musée gaumais, et grand protecteur de Montquintin) ainsi que de la pierre funéraire de Jean-Jacques de HONTHEIM, neveu du célèbre évêque, seigneur de Montquintin. (Voir la page : Patrimoine de Montquintin)
Aux carrefours, à Couvreux et à Dampicourt, ils ont également nettoyé les panneaux directionnels du MET de leurs moisissures. Pour le reste, l’entretien général du site (tonte, élagages, débroussaillage, nettoyage) fut aussi au menu de ces deux semaines et se sont poursuivis durant le mois de septembre, laissant un site parfaitement nettoyé, sécurisé et facile d’accès.

Et, comme dans « Astérix », pas moins de 65 personnes, participants, familles, amis, se sont retrouvés au coin du feu pour le traditionnel barbecue qui clôture ce 20ème chantier.


Toujours de précieux moments de convivialité



Le château vers le XVIe siècle, d’après les fouilles de 2013, 2015 et 2016. On remarque le logis –maître. La tour Est possède alors un plan en fer-à-cheval
Les apports à l’histoire du château :
1. Le résultat principal est la détermination de la position de l’ancien logis-maître dans +/- le quart Sud-Ouest du corps de logis actuel. Sous la forme d’une maison forte surmontée sans doute d’un toit conique à 4 pans, il communiquait avec la tour Ouest.

2. Des éléments dans la fenêtre gerberesse de l’aile droite, la situent à une époque tardive, sans doute la fin du 19ème siècle, lorsque celle-ci fut transformée en ferme.

3. Entre le 15ème et le 17ème siècle, le bastion Nord était doté de casemates, bien qu’une restauration partielle, sans doute au 18ème siècle, ait dissimulé ou supprimé les ouvertures (portes et bouches à feu)





Ils ont tous assuré le succès de ce chantier:
Rémy BECHET, Pierre-Paul BRUYNEEL, Michel CHENNAUX, Joseph COLLIGNON, Sylvie COLLIGNON, Olivier et Evelyne CONRARD LEHARDY, Didier CULOT, Léopold CULOT, Arthur DAWANCE, Albert DECLAYE, Loris DERU, Sarah et Colin DERU-DE PROFT, Philippe DETREMBLEUR, Hémeline DRUANT, Xandra EHMANN, Daniel FLAMAND, Benjamin GAVROY, Richard GAUDIER, Danielle GEORGES-BAUDSON, Jean-Yves GEORGES, Charlotte GOETHALS, Rémy GONCALVES DE SOUSA, Mathilde HARDENNE, Cédric HUBERT, Eric HUBERT, Théo LANDEL, René LHOTTE, Boris MARS, Sylvie MESNAGER, Emma MEUNIER, Bastien NANIOT, Béatrice OTJACQUES, Jérôme PARMENTIER, Guy PAULUS (Pollux), Georges RENARD, Pascal RENNESON, Bernard RONGVAUX, Serge STEVENIN, Claudine de THEUX, Kevin THIMOTHEE, Vivien THIRY, Pierre THOMAS, Louis THOMAS, Aurélien UYTTERSPROOT, Loïc VAN SCHINGEN, Et les petits Lucile PONCELET, Julien HARBALESTRIER et Enzo LEGENDRE.

Et avec les services divers et généreux de :
LA PROVINCE DE LUXEMBOURG (Département Tourisme et Département Culture), fidèle soutien financier,
Benoît et Isabelle BERTIN-BOUILLON, Jacques CORNEROTTE et le VARIETY JAZZ,Sven CASTAGNE (Matériaux de la Gaume) pour le groupe électrogène, Paulette CORNEROTTE, Françoise GENGLER, David et Christine ENTHOVEN-HERMAN, Jean-Luc et Nathalie FREROTTE, Jean-Pol JUSSERET, Gérard KRIPPELER, Dominique PROTIN, Patrice et Bernadette VERLAINE-LEFEBVRE pour les repas,
B.R.G. à Ruette (M. Daniel Thiry) pour le don de pierres de taille et le prêt d’une benne de chantier,
GTR Toitures à Ethe (M. Alex NICOLAS) pour le prêt d’une élévatrice,
Yannick HISETTE pour le don de matériaux divers, Nancy MATHIEU, Valère HARBALESTRIER, Jean CULOT;
Le MUSEE GAUMAIS pour l’alimentation électrique,
Photographies aériennes par drône : Albert DECLAYE
Images 3 D du projet et photogrammétrie : Léopold CULOT (Archi/ULg)

Qu’ils soient tous ici remerciés !



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Notre prochain chantier aura lieu du 31 juillet au 12 août 2017. Infos et inscriptions ici



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