CHANTIER 2011 : du 01 au 13 août.


CHANTIER ANNUEL DE BENEVOLES – Rapport 2011


« Année européenne du Volontariat »: le bénévolat comme action permanente. (lire en bas de page)


Ce 15e chantier annuel qui s’achève s’est aligné sur des habitudes déjà anciennes maintenant, où de nouveaux venus viennent s’ajouter régulièrement au noyau initial des participants. La préparation et l’installation du chantier s’apparentent à une routine effectuée désormais en peu de temps. Notons que les travaux préparatoires se font dès le mois de mai, avec un fauchage et un débroussaillage préalables qui facilitent le démarrage du mois d’août.

Grâce au petit coup de pouce des propriétaires, M. et Mme Toussaint, nous sommes encore hébergés pour 15 jours au gîte rural de Montquintin, dont la conviviale terrasse domine le superbe paysage de Lamorteau. Capacité d’accueil, localisation sur place, confort des équipements sont les principaux atouts de cette maison qui nous accueille depuis plusieurs années déjà.

Nos moyens financiers sont principalement sollicités à la consolidation des murs du bastion Est de l’enceinte extérieure. Nous n’avions cependant pas prévu que celle-ci se trouvait hors du périmètre classé, et que ces travaux ne pouvaient donc être subventionnés. Les financer sur fonds propres, pour un montant de près de 10.000 € TTC, va donc grever nos réserves de manière très importante.

En outre, du fait d’une météo peu propice et d’un nombre un peu plus réduit de participants, autant dire qu’un certain nombre de démarches prévues ailleurs ont du être limitées, voire reportées à des temps plus cléments. Ceci est vrai pour les interventions destinées à mettre en valeur les fondations de la tour carrée Nord, ou pour la voûte de la cave-lavoir, au pied des remparts, où seuls des nettoyages superficiels ont été possibles. Le programme adapté selon ces contraintes a cependant pu être rempli.

Dans le corps central et sur le flanc Sud du château.


Zones d'intervention
La consolidation des bases de murs de refends ne demande plus que quelques attentions de détails. En zone Sud, les tronçons de pierre manquants pour reconstituer le soubassement de la façade à cour ont été mesurés et les vestiges soigneusement nettoyés. Le sol a été nivelé superficiellement dans l’attente du futur plateau scénique.

L’angle intérieur formé par la courtine Sud et le pignon de l’aile gauche, est formé en ¼ de cercle visible jusqu’au 1er étage, et suscite plusieurs questions. (voir Plan zone 2 ci-contre)

Cette disposition est antérieure aux derniers aménagements (fin 18e et 19e siècles) et l’on constate comment sa forme cylindrique a du être retaillée à ce moment, afin de se relier aux murs orthogonaux qui la jouxtent. Faute de mieux, on l’attribue provisoirement – avec de sérieux doutes - à une cage d’escalier, bien qu’aucun vestige d’emmarchement ne subsiste. Dans les années ’90, en effet, un nettoyage superficiel avait fait apparaître à la base un fort enrochement et des substructions désaxées par rapport au plan orthogonal tardif des pièces du rez-de-chaussée qui subsiste aujourd’hui.

Leur nettoyage a permis d’en préciser plus nettement le contour. Comme aucun matériel ne vient les dater, tout au plus peut-on comparer le niveau de ce massif de maçonnerie à d’autres, relevés ailleurs, et qui trahissent un état juste antérieur à la disposition adoptée à partir du 18ème siècle. Quant à le mettre en relation avec l’élévation arrondie, rien ne vient l’attester. Seule la fouille ordonnée du corps central permettrait de mettre ces substructions en rapport avec les secteurs attenants pour en déterminer le plan complet et en tirer des conclusions.

C’est dans le secteur Nord du corps de logis que se poursuit le travail le plus conséquent (voir Plan zone 3). Afin de stabiliser le pignon Nord, la restauration du couloir reliant la cave de cette zone à celle de l’aile droite se termine progressivement par la restauration de la voûte en pierres qui, pour le moment, ne repose encore que sur un coffrage de cintres en bois.


Dans une étape ultérieure, une dalle de béton armé viendra doubler la structure et garantir l’étanchéité. Dans le couloir souterrain proprement dit, la consolidation du pilier de soutènement du pignon Nord s’est également poursuivie. A terme, ces mesures offriront un accès sécurisé aux vestiges bordant les fondations de la tour carrée Nord.

Nos équipes sont aussi intervenues pour consolider une petite zone d’effondrement à la base de la courtine Sud, sur sa face externe. Un sondage réalisé afin d’en connaître les causes a fait apparaître une canalisation traversant la courtine, à quelques 80 cm de profondeur.
Celle-ci, qui a été dégagée sur une longueur de +/-70 cm, est constituée d’un couvercle de pierre plates posé sur des pierres de champs et orientée selon un axe Est-Ouest. Elle semble tardive, comme l’indique le ragréage trop sommaire des maçonneries. Celui-ci est la cause de la fragilité constatée. Comme lors de notre intervention de 2010 au même niveau, mais sur la courtine Ouest, nous avons procédé à la restauration par le démontage de la zone effondrée, puis la confection d’un arrière-linteau en béton armé, coulé dans l’épaisseur du mur. Cette méthode permet de laisser intactes les maçonneries sous-jacentes qui pourront faire l’objet d’un examen archéologique ultérieur. Cet arrière-linteau a ensuite été dissimulé par un parement de pierre qui se raccorde aux maçonneries latérales et supérieures en place.


Du côté de l’aile droite.
Les interventions se sont limitées aux nettoyages habituels ; la couche de terre répandue sur des plastiques provisoires a été évacuée, afin de les remplacer par des liners d’étanchéité plus durables, visant à protéger les voûtes de la grande cave.
(voir Plan zone 4)

Dans la tour Est, tout comme dans le corps de logis, un ancien sondage a été nettoyé et relevé sur le dessin. Là aussi se posent de nouvelles questions quant à la conformation ancienne de cette partie du château. En effet, lors de ce sondage, étaient apparues des fondations circulaires laissant supposer que la forme intérieure de la tour, jadis cylindrique, avait été transformée pour aménager des pièces quadrangulaires. Ces substructions, en fait, ne suivent pas exactement le périmètre actuel et de plus, semblent plutôt adopter une forme en fer à cheval qui laisse à penser à une reconstruction tardive complète de la tour, plutôt qu’à une simple transformation. Là aussi, seule une fouille pourrait confirmer l’existence jadis d’une structure de ce type.


Au pied des remparts septentrionaux.
Outre les nettoyages et débroussaillages habituels, un intense travail de terrassement manuel avait pour but d’assainir le sol peuplé de ronces et d’orties et perturbé d’innombrables effondrements, le long du mur de la terrasse. Ceci a permis de souligner la base du mur de la terrasse bordant le verger et de déterminer précisément l’endroit de sa jonction avec le « bastion » Ouest.

A l’autre extrémité, les travaux importants de consolidation du bastion Est nécessitent des moyens techniques que nous ne possédons pas, et ont été confiés à l’entreprise BRG (Ruette). (voir Plan zone 5). Ils consistent d’un côté à corriger une forte déformation de la paroi qui menace de s’effondrer sur une hauteur de +/- 8 m et une largeur de +/- 1 m.

De l’autre côté, en bordure de route, une zone de destruction importante fragilise le bastion à hauteur de sa jonction avec le mur de clôture bordant la route. L’orifice dégagé et nettoyé sera refermé. La méthode adoptée est un démontage des zones endommagées et remontage à l’identique des maçonneries que l’on fera au mortier de chaux, en concordance avec les lits de pierre restés en place, afin de rendre l’intervention quasi indiscernable. Comme le bastion est massivement taluté, des orifices de drainage, faisant office de gargouilles, seront ménagés dans l’épaisseur reconstituée.


Merci à tous les participants : Gérard ALEXANDRE, Boye BARRY, José BURTON, Michel CHENNAUX, Marie-Christine CLAES, Olivier CONRARD, Joseph COLLIGNON, Georges COOS, Nicolas CORNEROTTE, Léopold CULOT, Daniel FLAMAND, Mathilde HARDENNE, Justine HUART, Saliou JALLOH, Thierry LEVEILLEE, René LHOTTE, Jean NDEBERI, Guy PAULUS, Georges RENARD, Bernard RONGVAUX, Daniel TOUWAIDE, Vivien THIRY ;
ainsi qu’à Stéphane ANTOINE, Céline BERKES, Frédéric CLAES, Paulette CORNEROTTE, Jean CULOT, David et Christine ENTHOVEN-HERMAN, Françoise GENGLER, Dominique PROTIN, Patrice et Bernadette VERLAINE, dont les petits coups de mains et les attentions contribuent toujours à la réussite et à l’ambiance de nos chantiers.

D’ores et déjà, nous vous donnons rendez-vous du 30 juillet au 12 août 2012 pour de nouvelles réalisations.

En collaboration avec:         Départements Culture et Tourisme


album photos 1 - album photos 2


« Année européenne du Volontariat »: le bénévolat comme action permanente.

Si notre ASBL, depuis sa création, est bien convaincue du coup élevé et des techniques professionnelles à mettre en œuvre dans la restauration du château de Montquintin, il n’en demeure pas moins que sa première forme d’action fut celle que seuls des bénévoles manuels pouvaient mettre en oeuvre. C’était un moyen de sensibilisation du public, tout comme une nécessité conditionnée par le monument qu’il fallait aborder avec toutes les précautions voulues et le peu de moyens financiers dont nous disposons. Il fallait bien commencer quelque part. Aide-toi donc, et le Ciel t’aidera. Et bien entendu, personne dans l’ASBL ne tire aucun profit personnel autre que la satisfaction des changements opérés. Cette façon de procéder a d’abord permis de créer un noyau intime de collaborateurs fidèles et de déblayer le terrain, au propre comme au figuré : dans la détermination des voies à suivre, les interventions, les compétences et les moyens indispensables sont ainsi apparus clairement, tout en développant un caractère solide, propre à perpétuer les efforts pour de nombreuses années. Depuis, notre ASBL s’efforce de s’ouvrir et d’engager de multiples partenariats, que ce soit avec des mouvements de jeunes, des organismes sociaux, des chantiers internationaux, etc.

Ces démarches, que l’ASBL « A Montquintin » finance elle-même, se sont vues honorées dans le cadre de « L’année européenne du Volontariat » par l’octroi d’une subvention exceptionnelle de 1.000 €, qui permet de poursuivre ce projet. L’aide est certes assez relative, mais il faut y voir surtout l’encouragement que cette reconnaissance suscite.
La Fédération Wallonie-Bruxelles (Service général de la Jeunesse et de l’Education permanente) sert d’organe interface pour l’examen des candidatures rentrées lors de l’appel à projet, auquel a répondu l’ASBL. Elle a tenu compte de l’argumentaire développé :
« Ouverts à des participants bénévoles, de tous âges et de toutes origines travaillant en commun, les chantiers de Montquintin visent d’abord à la cohésion harmonieuse d’un groupe aux origines diverses, tourné vers un but commun. La tolérance et le dynamisme en sont les bases essentielles.
Le projet offre des ouvertures professionnelles aux jeunes et/ou étudiants, que ce soit vers l’archéologie, l’architecture, les métiers de la restauration ou de la construction. Il présente aussi une alternative à l’inoccupation, en valorisant les talents des plus âgés ou de personnes en réinsertion qui y sont accueillies. Toutes générations mêlées, les participants procèdent ainsi à un échange fructueux. La transversalité s’effectue donc en plusieurs directions : vers le monde professionnel, vers le milieu éducatif, vers les pouvoirs publics et entre des milieux sociaux très divers. Dans une portée plus générale, par son caractère original et ambitieux, il développe une interaction avec divers organismes émargeant au monde judicaire (Maison de Justice), à l’aide sociale (ex. FEDASIL), au secteur privé et aux pouvoirs publics régionaux (Région wallonne, Division Nature et Forêts, Département du Patrimoine, etc.), chacun d’eux respectant le rôle dévolu par ses attributions ( Par ex. : la Région Wallonne assure le suivi des procédures et délivre les autorisations, la Maison de Justice promeut la réinsertion (peines de substitution), FEDASIL favorise l’intégration de ses pensionnaires, l’enseignement peut proposer des formations, le secteur privé démontre son savoir-faire et se lie au monde associatif)
».

La « Maison de Justice » d’Arlon s’occupe de l’intégration de personnes condamnées à des peines de substitution. Elle n’a pas eu de proposition à nous soumettre cette année, mais ce n’est que partie remise. La collaboration se poursuit aussi, et comme précédemment, avec FEDASIL (Centre de réfugiés de Virton) qui a intéressé trois MENA (Mineurs d’âge Etrangers Non Accompagnés) à notre chantier. Saliou JALLOH, Boye BARRY et Jean NDEBERI ont donc pris part à nos activités, se mêlant harmonieusement aux autres volontaires pour partager leurs expériences humaines.
Celles-ci sont fructueuses à plus d’un titre : d’un côté, des jeunes en situation précaire, débarqués en terre inconnue, chargés d’un passé parfois douloureux, sont concentrés sur les gestes indispensables à leur survie future. Ils sont surpris de voir chez nous diverses générations mêlées se vouer à une action bénévole de préservation du Patrimoine. En face, se remarque le cheminement progressif qui permet de mieux concevoir la réalité de l’immigration, par le biais des confrontations culturelle, religieuse, professionnelle. Le contact est parfois lent, très progressif, mais une fois passée cette période d’examen mutuel, les esprits s’ouvrent et se fondent ensemble dans l’atmosphère chaleureuse du chantier. L’ASBL espère bientôt ouvrir d’autres collaborations avec des écoles professionnelles, ainsi qu’avec des associations localisées sur la commune, notamment pour la création de jardins dans le cadre de la mise en valeur du site.